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Décryptage , Santé 955
Date de publication 28/12/2023 Mis à jour le 17/03/2025
La cigarette électronique constituerait une passerelle vers le tabac selon certaines organisations, comme l'Alliance Contre le Tabac (ACT). C'est la raison pour laquelle de nombreux députés ont voté la proposition d'interdiction des puffs de la députée écologiste Francesca Pasquini en 2023. Où celles-ci soient interdites depuis le 25 février 2025. Toutefois, est-il vrai que la cigarette électronique mènerait les jeunes à fumer des cigarettes ? Découvrons les différentes études qui montrent l'inexistence d'un effet passerelle entre la vape et le tabac.
L'effet passerelle est une théorie épidémiologique, selon laquelle l'expérimentation d'un produit, comme la cigarette électronique, inciterait à consommer un autre produit, comme le tabac. Or, cet effet a été contesté par plusieurs études à travers le monde que ce soit :
Aux Etats-Unis
En France
En Nouvelle-Zelande
Au Royaume-Uni
d’Universités (San Diego, Victoria) et d'institut reconnus tels que l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) ou encore l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), l'INCa (Institut National du Cancer) et l'IRESP (Institut pour la Recherche en Santé Publique)
L'Inserm a mené une étude sur 44 000 jeunes de 17 et 18 ans en 2017 afin d'estimer le nombre exact d’adolescents qui se seraient mis à fumer après avoir testé la cigarette électronique. Toutefois, les résultats de cette étude sont formels.
En effet, 5 616 jeunes ont déjà vapoté, mais seulement 18,7 % d’entre eux sont devenus fumeurs, contre 46,3 % des 18 495 jeunes qui ont commencé la cigarette avant de vapoter. L’Inserm a conclu qu’il y a 42 % de risques en moins qu'un jeune devienne un fumeur si un adolescent avait testé la vape.
En 2020, une étude statistique publiée dans la revue Drug and Alcohol Dependence contredit la théorie de l'effet passerelle. Menée par 5 chercheurs français issus de Université Paris-Saclay et de la faculté de médecine UVSQ et d'un chercheur issu de l’Université de San Diego, l'étude a été partiellement financée par la Ligue contre Contre le Cancer et le Programme d'Études sur le Tabagisme des Adolescents en vue de sa Limitation (PETAL) de l’OFDT sur 39 115 jeunes.
Cette étude examine l'influence de la cigarette électronique sur la probabilité qu'un adolescent français de 17 ans, ayant déjà expérimenté le tabac, devienne fumeur.
Au final, seulement 16.8 % d'entre eux auraient testé la cigarette électronique contre 34,1% qui ont commencé directement par fumer des cigarettes. Et ceux qui auraient uniquement vapoté présenteraient 38 % de risques en moins de devenir un fumeur régulier. En conséquence, les chercheurs ont conclu qu'il n’existe aucune preuve d’un “risque accru de transition vers le tabagisme quotidien” pour les vapoteurs, même les plus jeunes.
L'enquête ESCAPAD de l'OFDT (Observatoire français des drogues et des tendances addictives) est effectuée chaque année lors de la JDC (Journée défense et citoyenneté) sur des jeunes de 17 ans depuis l'an 2000. Celle-ci permet d'analyser leurs habitudes de consommation (alcool, tabac, drogues, etc.) et leurs tendances au fil des années.
Toutefois, l'édition 2023 montre l'évolution entre 2017 et 2022, en raison du contexte sanitaire exceptionnel dû au Covid-19. Menée sur 23 701 filles et garçons âgés de 17,4 ans en moyenne a révélé plusieurs constats sur les habitudes de ces jeunes concernant le tabac et la cigarette électronique.
46,5 % d'entre eux déclaraient avoir déjà fumé une cigarette au cours de leur vie en 2017 contre 15,6 % en 2022.
En 2017, 52,4 % avaient déjà testé la cigarette électronique contre 56,9 % en 2022, dépassant le taux d'expérimentation du tabac.
1,9 % d'entre eux vapotaient quotidiennement en 2017 contre 6,9 % en 2022.
En 5 ans, l'expérimentation du tabac ainsi que le tabagisme chez les jeunes français de 17 ans a fortement baissé de 13 points et de 17 points. Alors qu'en parallèle, la part des vapoteurs exclusifs (qui ne fume pas de cigarettes) est en progression avec une légère hausse de l'expérimentation de la vapoteuse de 4,5 points et de son usage quotidien de 4,3 points.
Cela peut signifier que la vape est utilisée comme alternative plutôt que comme passerelle vers le tabac. Par ailleurs, une part croissante des jeunes vapote, sans pour autant être fumeur. Et cela réfute l'hypothèse que la vape conduit systématiquement au tabagisme.
Autrement, on devrait constater une hausse ou une stagnation du tabagisme, alors que celui-ci chute fortement.
Menée de 2018 à 2020 sur 7 950 adolescents âgés de 15 ou de 16 ans, issus de 27 lycées publics dans la Loire par l'INCa et l'IRESP, l'étude publiée dans la revue Preventive Medicine Reports en a conclu "que la vape joue bel et bien un rôle de concurrente au tabac".
Mais également que " les adolescents qui expérimentent pour la première fois la cigarette électronique sont plus susceptibles de ne pas commencer à fumer ou de retarder leur entrée dans le tabagisme" selon les auteurs, des propos rapportés grâce à jesuisvapoteur.org.
En effet, l'objectif de l'étude de l'INCa et de l'IRESP était de vérifier l'existence d'un éventuel effet passerelle entre la cigarette électronique et le tabac chez les adolescents. Pour cela, ils ont relevé les taux de tabagisme et de vapotage chaque année pendant 3 ans, avant de les comparer.
2018 | 2020 | Evolution | |
Tabagisme Quotidien | 10,86 % | 9,44 % | -1,42 point |
Tabagisme Occasionnel | 17,11 % | 16,86 % | - 0,25 point |
Vapotage Quotidien | 3,5 % | 5,13 % | +1,63 point |
Vapotage Occasionnel | 50,28 % | 41,25 % | -9 points |
Non fumeur et non vapoteur | 64,85 % | 67,81 % | +2,96 points |
Exposés de cette manière, les chiffres suggèrent que la baisse du tabagisme, qu'il soit quotidien ou occasionnel, s’accompagne d’une progression du vapotage, cela indiquerait une dynamique de remplacement plutôt qu’un effet passerelle. Effectivement :
La baisse du tabagisme suggère que la vape ne constitue pas une porte d'entrée vers le tabac.
Bien que l’expérimentation de la cigarette électronique soit en baisse, son usage quotidien connaît une légère hausse parmi les utilisateurs réguliers
Mais en comparant les taux de tabagisme et de vapotage, les chercheurs observent que la hausse du vapotage coïncide avec une baisse du tabac.
Que certains fumeurs adoptent la cigarette électronique pour réduire ou arrêter le tabac, mais les non-fumeurs ne deviennent pas des fumeurs après avoir vapoté.
En 2020, 67,81 % des adolescents étaient non-fumeurs et non-vapoteurs contre 64,85 % en 2018, soit une augmentation de 2,96 points
Ainsi, les chercheurs de l'INCa et de l'IRESP en ont déduit que : " les adolescents utilisaient les cigarettes électroniques uniquement à des fins récréatives ou expérimentales, sans intention de vapoter quotidiennement. " Quant à ceux qui vapotent régulièrement, ceux-ci utilisent uniquement "des eliquides peu nicotinés, voire sans nicotine".
Néanmoins, les chercheurs demeurent prudents étant donné que l'étude se base sur une analyse transversale. Même si la proportion de jeunes qui ne fument et qui ne vapotent pas a tendance à augmenter. Tandis que les fumeurs se dirigent progressivement vers une double utilisation de la cigarette et de la cigarette électronique en ayant l'intention de réduire voire d'arrêter de fumer.
En 2017, l’Université de Victoria, au Canada, a publié les résultats du projet de recherche “ Clearing the air around e-cigarettes” financé par l’Institut Canadien de Recherche sur la Santé. Un projet d'envergure, impliquant l'analyse de 170 études et 1 622 articles issus de 15 bases de données différentes.
Et en comparant les taux de tabagisme des États américains ayant autorisé ou interdit la cigarette électroniques, “Les craintes d’un effet passerelle sont injustifiées et exagérées” selon la directrice de recherche, Marjorie MacDonald. Autrement dit, les États où les adolescents avaient accès aux e-cigarettes, présentaient un plus faible taux de tabagisme. En d'autres termes, plus les cigarettes électroniques sont accessibles, moins d’adolescents fument de cigarettes de tabac.
Selon l’enquête de Coalition of Asia Pacific Tobacco Harm Reduction Advocates (CAPHRA), les jeunes non-fumeurs ne se mettent pas à vapoter selon les 26 000 étudiants interrogés pour cette enquête. En effet, “les taux de vapotage sont peut-être en hausse, mais ce sont surtout des jeunes qui fumaient en premier lieu [...] la vape n'attire pas les non-fumeurs [...] alors que beaucoup peuvent l'essayer, très peu deviennent des vapoteurs réguliers" indique Nancy Loucas, coordinatrice exécutive de la CAPHRA. Par ailleurs, seulement 3 % des jeunes vapoteurs réguliers n’ont jamais fumé qui signifie une totale absence d’effet passerelle.
D'après l'étude de la Yale School of Publich Health (YSPH) publiée dans JAMA Pediatrics, l'interdiction de vente d'e-liquides aromatisés pour cigarette électronique en 2019, n'aurait fait, qu'augmenter le taux de tabagisme chez les lycéens de la ville de San Francisco.
En effet, en 2017, le taux de tabagisme des 100 000 lycéens Franciscanais avait chuté à 4,2 %, sauf que celui-ci est remonté à 6,2 % en 2019. Tandis que celui des autres districts californiens non concernés par cette interdiction, présentaient un taux de tabagisme chez les jeunes de 2,8 %.
Par ailleurs, la principale auteure de cette étude, le Dr Abigail S.Friedman annonce que les jeunes de San Francisco auraient deux fois plus de risques de fumer depuis l'interdiction des arômes dans les produits de vapotage.
D'autre part, qu'elle reconnaît que, "les arômes sont la principale motivation des jeunes à commencer à vapoter, mais elle est convaincue qu'ils sont aussi la raison qui pousse les jeunes à choisir la vape au détriment du tabac, et qui les incite même à ne pas basculer un jour de la vape vers le tabac".
Et l'enquête de Yong Yang publiée dans Addictive Behaviour Report confirme cette hypothèse en affichant qu'il y avait une hausse relative de plus de 35 % de fumeurs supplémentaires chez les 18-25 ans suite à l'interdiction des arômes dans les produits de vapotage.
L'Université la plus réputée du New Jersey a publié, le 30 septembre 2023, une étude intitulée "Les réductions considérables de la prévalence du tabagisme chez les jeunes du secondaire entre 1991 et 2022 n'ont probablement pas été compromises par les cigarettes électroniques".
Partiellement financée par l'Institut national du cancer (NCI), l'Institut national de la santé (NIH) et l'Agence américaine des médicaments et de l'alimentation (FDA), cette étude visait à analyser l’évolution du tabagisme chez les jeunes Américains sur les 30 dernières années. L’objectif ? Déterminer si la cigarette électronique a freiné le recul du tabagisme ou, au contraire, favorisé un retour de la cigarette traditionnelle, comme certains le supposent.
Pour cela, les chercheurs ont croisé les données de trois études menées annuellement dans les lycées, des institutions suivantes :
De l'université du Michigan : Monitoring the future (MTF)
De la National Youth Risk Behavior Survey (NYRBS)
De la National Youth Tobacco Survey (NYTS)
Leur conclusion est sans appel " l’essor de la vape a coïncidé avec la plus forte baisse du tabagisme chez les jeunes au cours des trente dernières années ". En effet, en entrecroisant et en observant les données, C.Delveno et A.Villanti montrent un déclin notable du tabagisme chez les lycéens américains entre 1991 et 2022.
1991 : 70 % des lycéens admettaient avoir déjà fumé une cigarette
1997 : 36,4 % des lycéens étaient des fumeurs réguliers
2013 : Le proportion de lycéens qui ont essayé la cigarette chute à 40 %. Alors que la proportion de lycéens fumeurs a baissé à 15 %, soit près de la moitié.
2022 : 10,9 % des lycéens ont essayé la cigarette, soit une division par 6,4 en trois décennies. Et seulement 2 % étaient des fumeurs réguliers.
Ainsi, d'après ce qui a été observé entre 2013 et 2022, le taux des lycéens qui ont essayé la cigarette a chuté de 72,9 % tandis que le nombre de lycéens fumeurs a été divisé par deux, plus précisément celui-ci a baissé de 127 %.
Parue en septembre 2023 dans la revue scientifique Public Health Research, l'étude internationale "Effects of reduced-risk nicotine delivery produts on smoking prevalence and cigarettes sales : an observational study " menée par l'Université Queen Mary de Londres et financée par le National Institute of Health and Care Research (NIHR) a également mis en évidence qu'il n'existait aucun effet passerelle entre la vape et le tabac.
En effet, en s'appuyant et en comparant les données officielles du Royaume-Uni, de l'Australie et des États-Unis, aux politiques radicalement différentes concernant la cigarette électronique, les chercheurs ont démontré que la vape ferait concurrence à la cigarette. D'autre part, le Royaume-Uni et certains États des Etats-Unis qui vendent des produits alternatifs nicotinés tels que les SNUS ou tabac chauffé, ont vu leur taux de prévalence tabagique diminuer.
Enfin, l'étude avance qu'en dix ans, les jeunes sont aujourd'hui deux à trois fois moins susceptibles de fumer qu'auparavant. Un constat confirmé au Royaume-Uni qui est favorable à l'utilisation de la cigarette électronique où le nombre de fumeurs et les ventes de cigarettes ont chuté. Et ce, de manière bien plus rapide qu'en Australie au positionnement profondément anti-vape, mais également par rapport aux Etats-Unis aux politiques divergentes selon les États.
Alors, existe-il un effet passerelle entre la cigarette électronique et le tabac ? Après avoir lu toutes ces études internationales, que nenni ! En effet, ces dernières établissent l'inexistence d'un effet passerelle entre le vapotage et le tabagisme. L'ecigarette jouerait même un rôle dans la baisse du taux de tabagisme dans les pays où celle-ci est valorisée en tant qu'alternative pour les fumeurs qui souhaitent se sevrer.
Et vous ? Pensez-vous qu'il existe réellement un effet passerelle entre la cigarette électronique et le tabac, en particulier chez les jeunes ? Dites-le nous, en commentaire
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Magali Kellaris
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